PROCHAIN SEMINAIRE

Entreprendre dans la transition écologique
19 mai 2020 Administrateur

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PROGRAMME DU SEMINAIRE

BULLETIN D’INSCRIPTION

Entreprendre dans la transition écologique

Huit séances en soirée entre septembre et novembre 2020, rue d’Ulm et rue Mazarine à Paris

Le but de ce séminaire est de préparer des dirigeants à agir avec le plus possible de clairvoyance au seuil d’une phase de bouleversements physiques, géographiques, économiques et sociétaux sans précédent dans l’histoire moderne de l’humanité. Les effets de l’actuelle pandémie n’en sont peut-être qu’une pâle préfiguration.

Si le réchauffement de la Terre et l’épuisement de ses ressources du fait des activités humaines ne font plus de doute, des incertitudes significatives demeurent sur la manière dont un phénomène aussi complexe que l’élévation de la température va affecter des lieux différents à divers horizons de temps.

Des inconnues majeures tiennent par ailleurs à l’incapacité des États à bâtir une réponse commune à un dérèglement pourtant planétaire, comme aux formes que prendra la protestation publique devant la récurrence d’événements extrêmes incontrôlables, dont les incendies d’Amazonie, de Californie et d’Australie, notamment, ont offert l’image saisissante. Venant à leur suite, la crise sanitaire, de portée proprement systémique, ne peut qu’intensifier la demande sociale de prévention.

Confrontées à une évolution à la fois inexorable et imprévisible, pressées – par l’opinion, la réglementation, leurs contraintes internes, leurs investisseurs… – de réduire leur empreinte carbone de façon désormais bien plus massive et proche, comment les entreprises peuvent-elles concevoir et maîtriser les transformations qu’un tel projet implique, tant pour leur propre activité que pour le monde environnant – et peut-être en tirer parti ?

Les scénarios produits par le GIEC et par d’autres organisations dignes de foi décrivent les profils d’une transition linéaire ou chaotique, libérale ou autoritaire, pacifique ou conflictuelle selon que le réchauffement sera ou non contenu. Peuvent-ils fonder une action, tant l’éventail de ces futurs possibles paraît ouvert ? Sinon comment les utiliser au mieux ?

Le séminaire offrira aux participants, à défaut de boule de cristal, une boussole et des repères solides. Il contribuera à élargir leur compréhension de ce qui se joue et à aiguiser leurs capacités d’anticipation et d’initiative face à un phénomène multidimensionnel qui peut redéfinir, au-delà des modèles d’affaires et des processus de production et d’échanges, de larges pans des rapports sociaux, le partage des richesses et la fonction même de l’entreprise.

Les apports de la recherche dans des disciplines allant des géosciences à l’économie et au droit, de la sociologie à la physique et à la philosophie, seront mobilisés pour dresser un état de nos connaissances sûres comme de nos interrogations, et mettre en lumière les ressorts d’une masse critique de mutations qui vont interagir avec celles nées des vagues successives de la révolution numérique, et celles qui déjà prennent forme dans l’ombre portée du Covid-19.

Le séminaire pourra accueillir une quinzaine de participant qui travailleront avec des chercheurs et des experts de premier plan à élargir leur information et leur vision des risques et des chances de la transition, lors de huit séances de travail en soirée qui feront une large place aux échanges entre pairs.

PROGRAMME

> Séance 1 – 16 septembre 2020, 18h30

Ouverture – Intentions du séminaire – tour de table – méthode de travail  | La crise du covid-19, prologue et coup d’envoi de la transition écologique ? 

Émissions de carbone et changement climatique – Laurent Bopp

De quelle façon nos émissions de CO2, passées et à venir, influencent et influenceront le climat de la planète ? En l’état de recherches très actives sur le fonctionnement du système climatique et sur sa réponse aux perturbations anthropiques, l’intervention fera le point sur les certitudes acquises par les scientifiques et discutera les incertitudes quant à l’ampleur, la répartition régionale et locale, et les impacts du réchauffement, à divers horizons de temps. 

> Séance 2 –23 septembre 2020, 19h00

Scénarios, risques et services climatiques – Robert Vautard

Les projections des climatologues se construisent sur des données et des hypothèses de risques décrivant une série d’avenirs possibles. Quels sont les principaux risques pris en compte ? Que peuvent en apprendre les entreprises pour mesurer leurs vulnérabilités et la résilience de leurs modèles d’affaires ? Les services climatiques proposés par des équipes scientifiques de haut niveau constituent une ressource émergente pour les assister face à cette difficile question.

> Séance 3 – 30 septembre 2020, 19h00

La crise écologique dans sa globalité – Dominique Bourg

Au-delà du climat, quel tableau précis peut-on dresser, en 2020 et à horizon proche, de l’érosion de la biodiversité, de la pollution chimique et atmosphérique, de l’épuisement de certaines ressources rares ? Ces dégradations ont-elles un lien démontré avec l’émergence ou la résurgence de maladies ? Quels mouvements de population peuvent-elles entraîner ? Entretemps, à quelles possibles pénuries, restrictions ou interdictions les entreprises doivent- elles être préparées pour anticiper les dangers et préserver leur personnel et la continuité de leurs opérations ?

> Séance 4 – 7 octobre 2020, 19h00

Face au changement climatique, quelles transitions énergétiques ? –Sébastien Balibar

Il faut certes économiser l’énergie mais surtout la décarboner. Les transitions à mettre en œuvre sont multiples et varient selon le lieu. Quels profonds changements impliquent-elles dans la production d’énergie et sa consommation ? Moyennant quels investissements, quelles ruptures technologiques, quels accords nationaux et internationaux ? Parmi les solutions déjà proposées, lesquelles sont possibles et seront efficaces, lesquelles paraissent utopiques ? Les entreprises doivent avoir une vue d’ensemble de ces questions pour définir leur propre trajectoire vers une économie décarbonée. 

> Séance 5 – 14 octobre 2020, 19h00

Finance durable : vers une nouvelle donne ? – Anne-Catherine Husson-Traoré

Au-delà des normes en matière d’ISR, de nouvelles règles sont-elles en train d’émerger au cœur de la crise qu’engendre la pandémie ? Influenceront-elles durablement l’attitude des investisseurs et des prêteurs : grands institutionnels privés et publics, États, bailleurs internationaux, ou encore fonds activistes, associations de petits porteurs, représentants de l’actionnariat salarié ? Avec quelles conséquences pour les entreprises, par exemple pour leur accès à des financements publics, leurs politiques de communication, de rémunération, de rachat d’actions, de dividendes ?

> Séance 6 – 4 novembre 2020, 19h00

Comment financer et répartir les coûts de la transition ? – Katheline Schubert

Le rejet suscité par les tentatives de fiscalité écologique en France (des portiques écotaxe à l’augmentation de la taxe carbone qui fut à l’origine du mouvement des Gilets Jaunes) a montré que le partage des coût de la transition est une question cruciale. Dans le contexte inédit créé par la crise sanitaire, quelles options de politique économique et fiscale s’offrent aux pouvoirs publics en France et en Europe, et à quels partages du fardeau entre les divers acteurs conduisent-elles ? Les entreprises doivent pouvoir disposer d’une grille de lecture de ces options, comprendre comment elles pourront se traduire dans les futurs programmes de relance et en estimer les effets pour elles-mêmes. 

> Séance 7 – 17 novembre 2020, 19h00

Transition écologique, transition politique ? – Martial Foucault (sous réserve)

La transition est-elle susceptible de cristalliser, d’agréger, et quelquefois de radicaliser, un ensemble de tendances et de tensions éparses dans les sociétés occidentales ? La critique des inégalités, celle des conditions de travail, mais aussi, pêle-mêle, le bien-être animal, la mise en cause de l’élevage, la valorisation des circuits courts, le véganisme ou le rejet du transport aérien, consonnent avec des questions mises au premier plan par la pandémie : souveraineté sanitaire et alimentaire, devenir de la mondialisation, rôle des « invisibles » dans le maintien de services essentiels. Les stratégies de transition pourront-elles ignorer ces questions ? 

> Séance 8 – 25 novembre 2020, 18h30

Témoignages d’entreprises pionnières dans la transition bas-carbone. 

Table ronde Pourquoi est-ce si difficile ?

Trois chercheurs : un sociologue, une philosophe, un cogniticien, évoqueront les obstacles qui, dans le cas de la transition, nous retiennent – individus, entreprises, pouvoirs publics – de passer à l’action, c’est-à-dire d’entreprendre, mais à une toute autre échelle, les changements dont nous concevons pourtant l’imparable nécessité. Les démocraties peuvent- elles impulser ces changements sans aliéner nos libertés ? Et que peuvent entreprendre les entreprises pour donner son visage au « monde d’après » ? 

(Les témoins et les personnalités du panel seront annoncés en cours de séminaire) 

Ajournement du séminaire – Questions ouvertes. 

INTERVENANTS

Laurent Bopp, climatologue et océanographe, est directeur de recherche au CNRS et professeur attaché à l’École normale supérieure, dont il dirige le département de géosciences. Ses recherches portent sur les interactions entre le changement climatique et l’océan, notamment sur l’évolution du puits de carbone océanique au cours des prochaines décennies. Il a participé aux derniers rapports du GIEC comme auteur de chapitre sur les interactions entre cycle du carbone et climat, et sur les impacts du changement climatique sur l’océan. Lauréat du prix des Sciences de la Mer de l’Académie des Sciences. 

Robert Vautard, météorologue-climatologue, est directeur de recherche au CNRS et directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL). Il est aussi coordinateur d’un chapitre du 6ème rapport du GIEC sur l’information climatique régionale pour l’évaluation des impacts et des risques. Ses recherches sur le changement climatique portent notamment sur l’analyse des événements extrêmes. C’est un spécialiste des risques liés au changement climatique. Il a créé au sein d’IPSL une activité de « services climatiques » liant recherche et applications au service de l’adaptation au changement climatique. 

Sébastien Balibar, directeur de recherches CNRS au département de physique de l’ENS (Paris), membre de l’Académie des sciences, lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, est reconnu pour ses recherches fondamentales sur les liquides et les cristaux, mais aussi pour ses six livres d’information scientifique écrits pour le grand public, parmi lesquels Climat : y voir clair pour agir (Éditions Le Pommier, 2015) 

Dominique Bourg est professeur à la faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne, dont il a auparavant dirigé l’Institut de politiques territoriales et d’environnement humain. Il enseigne également les questions environnementales à l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Il était jusqu’en janvier 2019 président du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot. Il a dirigé avec Alain Papaux l’ouvrage de référence intitulé Dictionnaire de la pensée écologique (PUF, 2015). 

Anne-Catherine Husson-Traoré, journaliste de profession, est la Directrice générale de Novethic, une filiale de la Caisse des Dépôts qui est à la fois un observatoire spécialisé et un centre d’expertise en matière de finance durable et de transformation des entreprises. Elle est membre du Groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable auprès de la Commission Européenne depuis 2016. Ses interventions en France et en Europe visent à accélérer l’évolution du secteur financier vers plus de responsabilité sociale et environnementale. 

Katheline Schubert, professeure d’économie à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et à l’École d’économie de Paris, co-directrice du programme mondialisation développement et environnement du Cepremap, est membre du Haut Conseil pour le Climat et du Conseil économique de développement durable. Spécialiste de l’économie des ressources naturelles, de la croissance durable, du climat et de la transition énergétique, ses recherches récentes portent notamment sur les politiques optimales de transition énergétique selon les zones géographique, et sur les effets sociaux des politiques climatiques. 

Martial Foucault, professeur de sciences politiques, est depuis 2014 le directeur du CEVIPOF de Sciences Po. C’est un spécialiste d’économie politique, qui a enseigné comme professeur agrégé au département de science politique de l’Université de Montréal de 2006 à 2013, et dirigé le Centre d’Excellence sur l’Union Européenne de McGill. Il est en outre éditeur associé de la revue French Politics et Canadian Public Policy

Alban Leveau-Vallier, normalien, mène de front une thèse de philosophie de l’IA et son enseignement à Sciences Po. Il accompagnera l’ensemble du séminaire en lui apportant aussi la perspective d’un jeune chercheur indépendant s’appuyant sur une solide réflexion théorique et sur une compréhension fine des enjeux sociétaux.